QUEL EST LE ROLE DE L’ACCOMPAGNATEUR ?

19 février 2021
Un accompagnateur AFEST en situation de travail avec un apprenant.
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COMPRENDRE LA NOTION DE RÉFLÉXIVITE

L’accompagnateur AFEST : jouer le rôle de miroir

Pour aider l’apprenant à revenir sur ses observations et ses expérimentations, l’accompagnateur AFEST conduit avec lui des séquences de réflexivité.

La réflexivité, c’est revenir sur sa pratique, pendant ou après l’action, l’observer, l’analyser pour la comprendre et en tirer des apprentissages. Le mécanisme à l’œuvre est donc comparable à celui du miroir : on revient sur ses actions et sur sa réflexion pour l’analyse et en tirer des apprentissages.

L’accompagnateur joue alors le rôle du miroir dans les séances. Il écoute l’apprenant, l’aide à préciser sa pensée, à comprendre son récit. Il doit donc maîtriser l’art du questionnement, et privilégier les questions ouvertes, fermées et miroirs aux questions interronégatives.

L’accompagnateur AFEST : un adjuvant et pas un évaluateur

L’accompagnateur AFEST est donc un adjuvant de l’apprenant, un soutien pour l’aider à mener sa réflexion. Il n’a donc absolument pas besoin de connaître le métier de l’apprenant ou de maîtriser les compétences au cœur de l’AFEST. Au contraire, il peut être plus facile de rester dans une posture de questionnement et d’adjuvant quand on découvre en séance de réflexivité les missions de l’apprenant.

Que l’accompagnateur maîtrise ou non les compétences à développer, il est essentiel que celui-ci distingue bien sa posture de celle de l’évaluation. Les séances de réflexivité permettent de revenir sur les situations apprenantes pour construire l’apprentissage. Évaluer l’action de l’apprenant au moment même où celui-ci déduit de sa pratiques les nouveaux savoirs n’aurait aucun sens !

LE RÔLE DE L’ACCOMPAGNATEUR AFEST : CRÉER UN CADRE PROPICE À L’ÉCHANGE

Accompagnateurs AFEST : installez un cadre bienveillant

Dans l’AFEST, le droit à l’erreur est un impératif absolu (voir l’article Le rôle de l’apprenant dans l’AFEST), et les sessions de réflexivité sont les moment privilégiés pour transformer les erreurs en terrain d’apprentissage. Mais la culture du droit à l’erreur est assez peu rependue : de nombreux salariés risquent donc de se sentir pris en faute, et de ne pas pouvoir dépasser cette difficulté, quitte à cacher leurs erreurs… Créer un cadre bienveillant est donc absolument nécessaire pour permettre un échange sincère et productif.

Pour mettre en place un cadre bienveillant, commencez par installer une relation de confiance. Le plus simple est de réussir à faire parler son interlocuteur : plus celui-ci vous parle, plus il vous fait confiance. Essayez donc d’entamer les échanges avec des questions ouvertes qui induisent des réponses plus longues

Pour pérenniser ce début de confiance acquis, accordez de la crédibilité au discours de l’apprenant, partez toujours du principe qu’il est sincère dans son discours et dans sa démarche, et pensez à souligner que vous lui faites confiance pour trouver par lui-même des solutions. Cela permettra de réassurer l’apprenant, et induira


Le second pilier d’un cadre de travail bienveillant est l’empathie, c’est-à-dire la capacité à s’identifier à l’autre dans ce qu’il ressent (sans s’approprier son ressenti).   Pour y parvenir il convient de s’intéresser de façon réelle, et non superficielle, à ses propos et de l’aider à expliciter ses ressentis et les causes de ceux-ci.  Il est donc également essentiel de savoir pratiquer l’écoute active.

Accompagnateurs AFEST : apprenez à écouter

Pour pouvoir écouter son interlocuteur, il est crucial de se défaire de ses idées préconçues afin d’éviter de penser à la place de l’apprenant, et donc de décrocher de son récit. Votre rôle et de réussir à relever les imprécisions, les incohérences et les raccourcis pour l’aider à préciser son propos et à aller plus loin dans sa réflexion. 

Pensez bien à observer le langage non verbal de votre interlocuteur, qui en dit souvent bien plus long que les mots employés. Votre interlocuteurs a-t-il une posture participative (buste en avant, mains ouvertes…) , ou à l’inverse de rejet (buste de profils, main en arrière du corps…) ? Son intonation est-elle détenue, joviales ou anxieuse et hésitante . N’hésitez pas à relever pour interroger le ressenti « Je te sens anxieux, quelque chose ne va pas ? », « Tu as l’air en super forme ! Cette mise en situation t’as plu ? ».

Il va de soi qui vous êtes attentif au langage non verbal de l’apprenant, il faut également faire attention au votre. Regardez votre interlocuteur, souriez-lui, hochez la tête, placez-vous dans une posture participative… Cela vous aidera à le mettre à l’aise, et lui enverra le signal qu’il est écouté.

Le rôle de l’accompagnateur est donc bien celui d’un adjuvant à la pensée de l’apprenant. En créant un cadre bienveillant, en questionnant son interlocuteur et en l’aidant à préciser sa réflexion, il lui permet d’aller plus loin dans son apprentissage.

Être accompagnateur, c’est donc renforcer ses capacités relationnelles et son écoute active dans le cadre d’une démarche formative. Ces compétences peuvent être particulièrement utile pour développer un leadership bienveillant.

Et vous, aimeriez-vous devenir accompagnateur au sein de votre entreprise ?

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