LE RÔLE DU FORMATEUR INTERNE DANS L’AFEST

19 février 2021
L'expert AFEST
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Qui dit AFEST dit apprentissage par l’expérimentation, et donc dit absence de formateur. Mais alors, quel est le rôle du formateur interne ou expert interne, et comment celui-ci peut-il relever le challenge de transmettre son savoir sans former l’apprenant ?

LE RÔLE DU FORMATEUR INTERNE AFEST : TRANSMETTRE SON SAVOIR N’EST PAS (TOUJOURS) FORMER !


Le formateur interne au cœur de l’andragogie

L’andragogie, ou art de former des adultes, nous donne quelques clefs sur la façon dont les adultes apprennent et retiennent de nouveaux savoirs.

L’un des enseignements central est qu’un adulte ne retient que 20% de ce qu’il entend, 30% de ce qu’il voit, alors qu’il retient 90% de ce qu’il entend, voit, reformule et expérimente. 

L’AFEST s’appuie en grande partie sur ce constat et propose un mode de transmission des savoirs qui permet d’optimiser chaque séquence formative : tout nouvel apport de connaissances repose sur une mise en situation ou sur un exposé interactif, ce qui permet à l’apprenant d’ajouter à l’écoute et à l’observation la reformulation et l’expérimentation.


Le formateur interne : un créateur de mises en situation apprenantes

Le rôle du formateur AFEST est donc de proposer des situations de travail formatives. Il va donc aménager des mises en situations réelles, ou des simulations, afin de donner l’occasion à l’apprenant d’observer de façon active, les compétences qu’il doit acquérir et de pouvoir ensuite les expérimenter.

Pour qu’une situation de travail soit formative, l’expert interne doit être vigilant à deux points clefs :

  • Donner suffisamment de temps : car pendant la mise en situation, celui-ci doit pouvoir comprendre, s’interroger, essayer, itérer, prendre des notes, aller chercher des informations par lui-même, etc. ;
  • Donner le droit à l’erreur : si l’on souhaite que l’apprenant s’autorise à essayer à faire ce qu’il ne sait pas encore faire, il y a fort à parier que celui-ci commette de temps à autres des erreurs, et c’est même la condition sine qua non du succès de l’AFEST. Les situations de travail réelles choisies doivent l’autoriser (faibles enjeux, possibilité de reprendre s’il y a des erreurs en ayant suffisamment anticipé la session), et à défaut, il est préférable de proposer des simulations inspirées de cas réels pour éviter de créer un climat anxiogène.

LE RÔLE DU FORMATEUR AFEST : ALTERNER ENTRE DÉMONSTRATION INTERRACTIVES ET MISES EN SITUATION APPRENANTES


Formateurs AFEST : apprenez à mener une mise en situation apprenantes

Nous l’avons vu plus haut, il n’est pas toujours suffisant d’observer quelque chose pour savoir le reproduire, en grande partie parce que l’observation est menée comme une activité « passive », dans laquelle l’apprenant n’a trop souvent que peu d’occasion de prendre la parole et d’essayer.

La méthode ADA (ancrage, découverte et adaptation) vise à rendre l’observation active pour optimiser les apprentissages.

Celle-ci est à mettre en œuvre de la façon suivante :

  • Avant l’observation, prenez le temps d’ancrer l’observation dans son contexte : pourquoi êtes-vous là, qu’allez-vous faire, quel est l’objectif de ce que vous allez faire, etc. Demandez ensuite à l’apprenant de proposer, à chaud, des modes opératoires pour accomplir l’action :  « Comment ferais-tu …? »
  • Après l’observation, demandez à l’apprenant de revenir sur celle-ci en lui demandant ce qu’il a découvert « Qu’as-tu appris que tu ne savais pas ? »
  • Et enfin, en interrogez le sur la façon dont cela sera appliqué par lui : « Que comptes-tu reproduire ou améliorer et pourquoi ? »


Formateurs AFEST : apprenez à mener une démonstration interactive

Vous aurez toutefois parfois besoin de faire une démonstration à l’apprenant, afin de lui donner les clefs, les outils ou les méthodes qu’il ne connait pas encore. Votre objectif est alors de rendre votre démonstration interactive.

Il faudra alors avoir préparé : 
  • Un briefing : donnez l’objectif visé de l’activité, les étapes à suivre pour y parvenir, et précisez ce que vous attendez de l’apprenant dans cette démonstration (faire des propositions, prendre des notes, poser des questions, etc.)
  • Une démonstration : vous menez l’action devant l’apprenant ou en binôme avec lui. N’hésitez pas à l’interpeler, à lui demander comment il ferait, ce qu’il observe : l’objectif est de le faire parler le plus possible pour qu’il reste actif tout au long de la démonstration.
  • Un debriefing : revenez sur ce que vous avez fait, comment vous avez pu atteindre l’objectif fixé lors du briefing, demandez à l’apprenant s’il a des questions et ce qu’il retient de la démonstration.

Le formateur interne AFEST peut donc s’appuyer sur des mises en situations et des exposés interactifs pour transmettre son savoir à l’apprenant. Si ces méthodes sont extrêmement efficaces, elles demandent toutefois un temps de préparation pour l’expert, et de l’autodiscipline… Vous verrez en effet qu’il est parfois frustrant de ne pas pouvoir donner les solutions clefs en main à l’apprenant. Alors n’oubliez pas que c’est une frustration nécessaire pour offrir un parcours de qualité à l’apprenant qui lui permettra de monter réellement en compétences ! N’hésitez pas à lire notre article sur la posture de l’apprenant afin de comprendre encore mieux le fonctionnement de votre binôme !

Petit bonus, vous découvrirez aussi surement que vous pouvez utiliser ces méthodes pour réinventer votre façon de manager vos équipes. Cette posture de formateur / expert est en effet un incroyable moyen de rendre ses collaborateurs plus responsables, plus autonomes et plus actifs au quotidien ! 

Et n’hésitez pas à partager avec nous vos autres méthodes et astuces pour rendre les transferts de compétences interactifs !

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