L’ART DU QUESTIONNEMENT

Maîtriser l’art du questionnement est une compétence clef dans le cadre d’un parcours AFEST, tant pour l’apprenant, que pour l’expert et l’accompagnateur.

En effet, c’est un outil clef pour récupérer de l’information, pour inciter l’autre à la réflexion et pour comprendre les éventuelles situations de blocage.

C’est aussi le meilleur moyen de nourrir la créativité de son interlocuteur : en évitant de lui dire ce qu’il doit faire et comment il doit le faire, vous le questionnez pour l’aider à trouver ses propres réponses. Il y a alors fort à parier que votre interlocuteur vous proposera des solutions ou des pistes que vous n’auriez pas pensé à explorer…

LES DIFFÉRENTS TYPES DE QUESTIONS

Les questions fermées : obtenir des informations factuelles

Les questions fermées permettent d’obtenir des informations factuelles en induisant des réponses courtes et précises. Elles commencent par : Qui ? Quoi ? Où ?  Combien ? Quel ? …
Si vous demandez par exemple : « Qu’avez-vous fait ? »  ou « Avez-vous pensé à faire ceci ou cela ? », votre interlocuteur vous proposera une réponse courte contenant une information factuelle.

Les questions ouvertes : faire développer son interlocuteur

Les questions ouvertes permettent à l’inverse de faire développer son interlocuteur. Elles commencent par : Que pensez-vous de ? Parlez-moi de… Pourquoi ? Comment ?
En demandant : « Comment avez-vous résolu ce problème ? », vous pouvez par exemple inciter l’apprenant à décrire ses choix, ses actions et ses ressentis face à une situation de blocage.

Les questions miroirs : faire clarifier une imprécision

Les questions miroirs sont très utiles pour faire clarifier une imprécision. Vous pouvez simplement répéter le mot ou l’expression à clarifier sur un ton interrogatif.

Si l’apprenant vous dit : « Oui, c’est vrai que j’ai peut-être manqué de rigueur », vous pouvez reprendre « de rigueur ? ». L’avantage de cette méthode est que vous faites préciser sans orienter la pensée de l’interlocuteur.

Les questions interronégatives : aiguiller la pensée

La question interronégative produit l’effet inverse de la question miroir : elle oriente la pensée de l’interlocuteur en soumettant une hypothèse à sa réflexion. Celles-ci commencent par « Ne pensez-vous pas que… » ; « Serait-il faux de dire que… ? » : vous proposez ainsi une hypothèse à la réflexion de l’apprenant.

Petit point de vigilance : dans le cadre de l’AFEST, c’est l’apprenant qui doit chercher des solutions aux problèmes rencontrés. La question interronégative ne doit donc être qu’une solution de repli, lorsque vous avez essayé par tous les moyens de nourrir sa réflexion.

L’ART DU QUESTIONNEMENT : COMMENT POUSSER L’AUTRE À LA RÉFLEXION ?

À chaque question son objectif

L’exercice de questionnement peut être quelque peu frustrant pour celui qui connait déjà la réponse (ou croit la connaître). Il est pourtant essentiel dans le cadre de l’AFEST, et peut permettre qui plus est de trouver de nouvelles solutions ou axes de travail que ceux déjà identifiés.

Face à la frustration, celui qui interroge peut avoir tendance à inclure trop de contenu dans une question, pour « aller plus vite » ou « gagner du temps ». Ce reflexe est un écueil à éviter, car il a pour effet de noyer celui qui répond. Il risque alors de faire une réponse partielle, ou de ne pas avoir le temps de clarifier sa pensée. La règle est simple : une question répond à un objectif, à une étape de la réflexion de celui qui répond. N’oubliez pas qu’une phrase, affirmative ou interrogative est impactantes et claire quand elle fait moins de 17 mots. Alors, surtout, restez simple et morcelez autant que nécessaire !

N’ayez pas peur de déstabiliser

En AFEST, le questionnement sert à provoquer une réflexion, un apprentissage. Il y a donc de fortes chances qu’un questionnement bien mené place l’interlocuteur dans une situation d’inconfort.

En effet, celui-ci n’aura pas forcément de réponse immédiate ou complète à donner à chacune de vos questions. Le travail de celui qui questionne est alors de réussir à aider son interlocuteur à dépasser son blocage en recourant à des question plus simples, fermées, voire interronégatives.

Imaginons par exemple que votre interlocuteur bloque face à une situation nouvelle. Lui demander frontalement « Pourquoi bloques-tu » risque de le paralyser d’autant plus. Il vous faut alors contourner le problème en posant une question qui pousse l’interlocuteur à mener une introspection « Comment te sens-tu ? » ; « Que ressens-tu face à cette situation ». Une fois le ressenti identifié, vous pourrez plus aisément l’aider à trouver des solutions pour le dépasser.

En alternant les différents types de questions et en attribuant à chacune d’elle un objectif clair, vous pouvez donc placer votre interlocuteur en zone d’inconfort. C’est une phase souvent nécessaire car elle permet de produire une réflexion sur un sujet non maîtrisé, et donc d’apprendre en produisant soi-même un nouveau savoir. Attention toutefois à ne pas laisser votre interlocuteur trop longtemps en situation de blocage : cela peut le démotiver ou lui faire perdre confiance en lui !

Et vous, avez-vous déjà réussi à débloquer des situations grâce à un jeu de questionnement bien mené ?